07.01.2009

chapitre 5 - e

Nefret reçut le lendemain une lettre de l’inspecteur Aziz de Louxor. Elle nous la lut avant le déjeuner. En termes brefs et courtois, l’inspecteur annonçait que le décès d’Ali Fahmi Bey, l’Egyptien assassiné à Londres en début d’année, avait une connotation strictement familiale. La police londonienne avait d’abord suspecté son épouse, mais le suicide du frère – et principal héritier – de l’accusé ouvrait d’autres pistes intéressantes. Bien entendu, j’avais lu cela entre les lignes car, l’enquête étant toujours en cours, l’inspecteur était plus que succinct mais il affirmait sans détour que la malédiction de Toutankhamon ne faisait pas partie des thèses retenues. Il concluait sa lettre en assurant Nefret de son plus profond respect, et en la chargeant de ses salutations pour le reste de la famille qu’il nommait en détail. Vu la courtoisie innée des Egyptiens, les salutations tenaient plus de place que le corps même de la lettre. - Il est curieux qu’un Egyptien traditionnaliste écrive directement à une femme mariée, dis-je impulsivement. - Les temps changent, tante Amelia, s’exclama vivement David, et l’inspecteur a largement prouvé au cours des années précédentes qu’il considérait Nefret comme un auxiliaire important. - Il me laissait pratiquer les autopsies, dit Nefret en repliant sa lettre. C’est un homme charmant, légèrement renfermé mais moderne d’esprit. - J’avais pensé lui trouver une épouse, dis-je en fronçant les sourcils. Je n’en ai pas eu le temps. Il y a cette petite nièce de Daoud – une fille charmante et cultivée. Elle a suivi les cours de Katherine et pourrait… - Peabody ! éructa Emerson. Aziz est certainement capable de se marier sans que vous interveniez et je vous interdis formellement de lui écrire pour lui donner vos instructions. - En fait, dis-je, j’avais plutôt pensé demander à Daoud – Je m’interrompis car Nefret et Lia éclataient de rire. Je leur souris avec affection. Et puis, j’écrirai à Daoud de toute façon. Je savais que l’inspecteur Aziz avait eu un petit faible pour Nefret. Je la regardai, vive et rieuse, d’allure si jeune malgré ses trois enfants, sa tête fine dressée sous la couronne de ses cheveux d’or roux. Il n’était pas facile pour un homme d’oublier une telle femme, mais la nièce de Daoud était plus jeune, plus malléable aussi sans doute. Cela comptait. Même un Egyptien moderne d’esprit était soumis à certains préjugés d’éducation. - Où en est Cyrus Vandergelt de ses projets de déménagement ? demanda Ramsès avec tact. - Il a sans doute mis sa maison en vente, commençai-je. - Qui diable achèterait une telle monstruosité architecturale ? grogna Emerson. C’est prétentieux et trop onéreux à entretenir, à moins d’en faire un hôtel ? - J’ai écrit à Cyrus et proposé d’acquérir sa maison, dit Nefret calmement. Comme vous le savez, je souhaite créer une fondation pour explorer et préserver les antiquités égyptiennes et aussi permettre à des expéditions de faire des fouilles en Egypte. J’aimerais que le château de Cyrus devienne le siège de cette fondation qui donnerait du travail à de nombreux Egyptiens, surtout aux jeunes qui ont appris à lire et à écrire. A propos, j’ai aussi écrit à Selim pour lui demander d’être le responsable local de mon projet. - Selim ? rugit Emerson effondré. Mais à quoi pensez-vous donc, Nefret ? Mon propre raïs ? Et comment travaillerai-je sans raïs quand je retournerai sur mes chantiers ? - Bien entendu, Selim reviendrait alors avec vous, Père, dit Nefret en se levant pour s’installer sur le bras du fauteuil d’Emerson. Ce ne serait qu’une affectation temporaire. - Depuis quand avez-vous eu cette idée saugrenue ? grogna Emerson en se frottant énergiquement le menton. Pourquoi Selim ne m’a-t-il rien dit de tout cela ? - Rien n’est encore décidé, Père. Selim ne m’a pas encore répondu. Peut-être n’a-t-il même pas reçu ma lettre. Et Cyrus n’a encore rien accepté à ce que j’en sais. - Vous étiez au courant, Ramsès ? demandai-je. - Oui, Mère. L’annonce de Nefret m’avait sidérée, au point que j’avais laissé passer la conversation sans y participer. Un fait rare de ma part, je dois le reconnaître. Je savais – elle en avait parlé souvent – que la jeune femme souhaitait utiliser une partie de son importante fortune pour doter une fondation dédiée à l’égyptologie, mais je n’étais pas au courant de l’évolution de ses projets. Elle n’en avait pas discuté avec moi. Bien entendu, Nefret était entièrement libre de ses actes, mais je n’étais pas habituée à ce que mes proches agissent sans me consulter. J’analysai mes sentiments, cherchant à les définir exactement. Je ressentais une sorte d’inquiétude latente, comme une menace dont je ne comprenais pas la raison. De quoi s’agissait-il au juste ? Etait-ce de voir disparaître une partie de ma vie ? Je ne retournerai jamais au Château pour y jouir de l’hospitalité fastueuse de Cyrus, mais j’en avais pris conscience déjà depuis l’annonce de Cyrus – et comme j’avais précédemment décidé de ne pas retourner vivre à Louxor il n’y avait là rien de nouveau. Alors qu’était-ce donc ? Soudain, je compris. Selim ! Nefret souhaitait donner du travail aux jeunes – et aussi à Selim. Que devenait notre fidèle ami ? Nous avions quitté Louxor depuis plusieurs mois. Selim était un raïs hors norme, formé aux méthodes d’Emerson, bien plus capable que de nombreux égyptologues. Nous lui avions garanti un salaire fixe pour surveiller le chantier de fouilles et notre maison à Louxor, mais en réalité ce poste n’était qu’honoraire. Quel était au juste l’avenir professionnel de Selim, de Daoud et de nos autres hommes ? Nefret avait-elle compris que nous allions tous affronter un changement drastique de nos vies ? Pensait-elle qu’Emerson et moi ne retournerions pas en Egypte ? Un peu éperdue, je regardai Emerson. Il était assis dans son fauteuil, un peu tassé, fixant le feu d’un air absent. Son corps massif s’était à peine épaissi avec l’âge, et de rares fils gris marquaient sa chevelure sombre. Il avait toujours la force et l’énergie d’un homme de vingt ans de moins – mais la découverte de la tombe de Toutankhamon avait miné en lui une sorte de passion vitale. Il n’était plus le même depuis deux ans. Quels étaient ses projets en Egypte ? J’avais établi les miens croyant prévoir au mieux notre avenir. Je m’étais déjà leurrée en ce qui concernait Nefret. Et Emerson ? Que désirait réellement Emerson ? Etais-je certaine de la savoir ? Il était si rare que je me pose ce genre de question… - Emerson ? dis-je d’une voix hésitante. Que penseriez-vous… ? - Et si nous allions déjeuner ? rugit-il en se levant. L’heure normale est largement passée et je suis mort de faim. - Moi aussi ! piailla aussitôt Charla. La veille au soir, le projet d’Emerson d’accompagner les garçons à l’auberge n’avait pas été mené à bien. Cairn avait à nouveau fait des siennes. C’était en partie de la faute d’Emerson – qui refusa bien entendu de le reconnaître – parce qu’il avait malencontreusement laissé la porte ouverte en quittant son bureau. Toujours avide de découvrir davantage son nouveau logis, le chiot s’y était introduit et n’avait pas manifesté le respect voulu devant le fouillis archéologique qu’il avait trouvé là. Le bureau d’Emerson était régulièrement couvert de livres, de papiers et de cendres de pipe. Les domestiques savaient qu’il leur était formellement interdit de ranger son lieu de travail aussi les cendres n’étaient-elles remuées que lorsque Emerson déplaçait une de ses piles pour chercher un document quelconque. Sur le bureau trônait un buste de Platon dont l’air morose correspondait à celui d’Emerson lorsqu’il était condamné à mettre à jour son travail. Il y a de nombreuses années que ce buste avait remplacé celui de Socrate, détruit par une balle perdue au cours d’une agression nocturne. Je regrettais cet autre philosophe dont l’expression avait été bien plus amène. Nous fûmes attirés dans la bibliothèque par le bruit fracassant du buste qui tombait. En arrivant, nous trouvâmes Cairn caché sous un fauteuil, parfaitement conscient d’avoir outrepassé ses droits. Des papiers éparpillés voltigeaient dans la pièce tandis que le rictus de Platon souriait encore sur un fragment de plâtre. Avec un cri de soulagement, David-John se rua sur la petite bête qui lui fit fête. Emerson resta stoïque devant le désastre. Ses yeux bleu saphir étincelèrent, ses épais sourcils se froncèrent et il se mit à mâchonner furieusement sa pipe, mais il n’explosa pas, se contentant de fixer son petit-fils d’un œil fulgurant. Puis il se retourna vers moi : - Essayez, ma chère, que le prochain buste ait un air plus aimable. - Il y a longtemps que je pensais à changer ce Platon, dis-je. Vous l’avez si souvent criblé d’encre qu’on aurait cru qu’il avait la vérole. Je pense qu’Aristote… - Ce sera parfait, ma chère, coupa froidement Emerson en quittant la pièce d’un pas royal, le nez en l’air. Malheureusement, en agissant ainsi il ne regardait pas ses pieds aussi trébucha-t-il sur le tapis que Cairn avait mâchonné et s’étala-t-il de tout son long, ce qui gâta sa sortie – et son humeur. Il se releva en marmonnant, jeta un coup d’œil vers nous pour vérifier que personne ne riait – ce qui était le cas – puis il boitilla vers le salon. Dans le salon, une discussion fort animée s’ensuivit concernant l’éducation ainsi que les limites à faire accepter aux jeunes – humains ou animaux. Bien entendu, personne n’avait plus songé à se rendre le soir même à la taverne comme cela avait été suggéré plus tôt. Ne perdant pas de vue notre enquête, je décidai cependant le lendemain que nous devions éclaircir définitivement nos histoires domestiques, ce qui permettrait au moins d’élaguer le buisson de nos diverses hypothèses. Au petit déjeuner, Emerson s’étouffa avec son café en entendant mon assertion pourtant fort sensée. Après une nouvelle discussion animée, Emerson et David acceptèrent de retourner à la taverne le soir même afin de parler avec Stephen Briggs, le fils du tavernier, tandis que Ramsès et Nefret iraient ensemble interroger Robert et Maggie Clerkenwell. Lia se plaignit de n’avoir aucun rôle mais je la convainquis de passer un moment avec Sennia tandis que j’accompagnerai les enfants dans le parc.

06.01.2009

chapitre 5 - d

Ce fut finalement Emerson qui descendit Sennia le matin suivant, Ramsès étant sorti avec ses enfants – et le chien. Plus j’y réfléchissais, plus je réalisais que ce petit animal allait nous causer des soucis. Il s’était pris d’une passion pour les chaussures et dévorait allègrement toutes celles qu’il rencontrait. J’avais récupéré dans un état lamentable une paire de bottes précédemment quasiment neuves et indiqué mon mécontentement à David John d’un ton sévère. Il m’avait en réponse longuement expliqué la nécessité pour un jeune animal en pleine croissance – comme pour un humain, selon lui – de « faire ses dents ». J’avais le triste pressentiment que la question était loin d’avoir été réglée. Devant mon air sombre, Ramsès avait proposé une promenade et les trois enfants avaient accepté l’idée avec enthousiasme. David et Lia s’étaient joints à eux. Nefret était montée voir Sennia, et avait ensuite appelé Emerson pour descendre la jeune fille au salon.
Il l’avait installée sur le divan, les jambes étendues et le dos soutenu par des coussins. Encore incapable de supporter le carcan d’une robe serrée sur sa cicatrice récente, elle avait revêtu une longue robe de chambre souple en satin blanc à liserés rouges. Je souris en la regardant. Avec ses longs cheveux sombres fraîchement lavés relevés par un ruban pourpre, son teint un peu languide et ses lèvres pâlies, c’était une vraie gravure du siècle dernier. Sennia avait un sens inné du théâtral. Le Grand Chat de Ré, lové à ses pieds sur le divan, me toisa d’un air hautain.
Emerson continuait à s’agiter auprès de la jeune fille, cherchant en vain à l’installer plus confortablement.
- Asseyez-vous, Emerson, dis-je. Je suis heureuse de vous retrouver avec nous, Sennia, continuai-je tandis que mon époux obéissait tout en me jetant un regard furibond. J’espère que ces quelques jours consignée dans votre chambre n’ont pas été trop pénibles.
- Non, tante Amelia, répondit-elle d’une voix calme. J’ai eu des visites – et aussi de la lecture, ajouta-t-elle d’une voix un peu voilée.
- Ah, fis-je en la fixant. Oui, David John nous a indiqué qu’il avait pillé pour vous les étagères de sa mère. J’espère – hum – que ses choix ont été judicieux.
- Oh ! s’empourpra Emerson. Croyez-vous que Nefret laisse traîner… Damn… Vous n’avez pas repris un livre de ce révolutionnaire – Foster, je crois – n’est-ce pas, Petit Oiseau ?
- Non, répondit Sennia en s’animant un peu, mais Edward Morgan Foster n’était pas que cela, vous savez. La Route des Indes évoque certainement un conflit de culture entre les Anglais et les Hindous mais. Pourquoi créer des barrières raciales selon la couleur de la peau ? Je trouve cela si injuste. Foster fustige essentiellement l’impérialisme colonialiste et malheureusement tous les Anglais n’ont pas la même ouverture d’esprit.
Sennia se mit soudain à pleurer. Sidérée, je la pris dans mes bras et Emerson devint frénétique dans son désir de la consoler.
- Que se passe-t-il ? rugit-il. Quelqu’un vous aurait-il insultée ? Dites-moi son nom, ma chérie et je vais…

Sennia se calma rapidement. Elle ne souffrait, à mon avis, que d’une faiblesse émotionnelle passagère faisant suite à son alitement. Il me fallut davantage de temps pour calmer Emerson mais il s’était repris lorsque les promeneurs revinrent. Les enfants montèrent dans leur chambre et les deux jeunes couples nous rejoignirent au salon. Aucun d’eux ne sembla remarquer les yeux rougis de Sennia mais je vis Ramsès la regarder longuement, l’air plus impassible que jamais.
Nefret nous donna des nouvelles de Mr Morcook qu’elle avait été panser.
- Il a une constitution exceptionnelle, dit-elle, et se remet bien. Aucune infection n’est plus à craindre.
- Il n’a rien dit de nouveau ? demanda Emerson d’une voix bourrue.
- Je n’ai posé de questions que sur son état, Père, répondit Nefret.
Bien entendu, je n’avais pas oublié notre enquête en cours malgré le peu d’indices nouveaux que nous possédions. A la demande de Nefret, j’avais descendu ma liste et je l’étalai sur la table du salon.
Nefret et Lia la connaissaient déjà et restèrent donc auprès de Sennia. J’entendis Lia évoquer la dernière mode des Parisiennes.
Emerson la connaissait aussi mais il rejoignit Ramsès et David qui se penchaient sur mes feuillets à l’écriture serrée.

« Victimes de la malédiction »
- lord Carnarvon, 57 ans – britannique – avril 1923 – le Caire – piqûre de moustique infectée.
- professeur La Fleur, 58 ans – français – ami de Carter – mai 1923 – cause inconnue.
- Arthur Mace, 52 ans – mai 1923 – savant & archéologue britannique & confrère de Carter – cause : arsenic ?
- Georges Bénédict, 69 ans – égyptologue français – décédé à Louxor – cause inconnue.
- Aubrey Herbert, 43 ans – britannique – demi-frère de lord Carnarvon – septembre 1923 – cause : péritonite ?
- Mary Scott-Arthur, 42 ans – britannique – infirmière de lord Carnarvon – cause inconnue.
- Richard Bathell, 35 an – noble britannique – secrétaire lord Carnarvon – accident vasculaire ou arrêt cardiaque (le père du jeune homme se suicida dans les semaines qui suivirent).
- professeur Evelyn-White, 32 ans – britannique collaborateur de Carter – 1924 – pendu, dépression nerveuse ?
- Archibald Reed, 31 ans – britannique – radiologiste – 1924 – cause inconnue.
- Ali Fahmi Bey – égyptien – gouverneur de province – 1924 assassiné à Londres (la police pense à sa femme) – son frère s’est suicidé peu après.
- George Jay Gould, 59 ans – 1923 – richissime financier américain – pneumonie après une visite de la tombe.


Il y eu un silence soutenu pendant un moment – un fait suffisamment rare dans notre famille pour que cela soit remarqué.
- Humph, grommela enfin Emerson. Je ne vois pas ce que cela nous apprend de nouveau.
- Le fait que certaines personnes… – disons d’un certain âge – soient décédées n’aurait soulevé aucun problème en dehors de ce contexte précis, souligna Nefret en s’approchant. Lord Carnarvon, le professeur La Fleur, Messieurs Mace, Bénédict et Gould par exemple.
- Selon la liste de Peabody, s’exclama Emerson, Mace a été empoisonné à l’arsenic. Attendez un peu ! Comment diable le sauriez-vous, ma chère ?
- C’était dans les journaux, dis-je.
- Peabody ! s’étrangla Emerson furieux.
- Je crois que sa mort a été foudroyante, remarqua Nefret, ses doux sourcils froncés. L’arsenic laisse des traces. Je revois très bien ce monsieur, il était dans l’équipe d’Howard, n’est-ce pas ?
- C’était un lointain cousin de Petrie, grogna Emerson et il a été son élève – c’est sans doute ainsi que Carter l’a connu. Mace a été aussi conservateur adjoint du département des antiquités égyptiennes au Metropolitan Museum.
- Oh ! fis-je soudain. Emerson, peut-être Sethos est-il allé là-bas pour enquêter sur sa mort ?
- Ma chérie, vous me surprendrez toujours. C’était il y a des années. Je ne vois pas l’intérêt d’aller jusqu’à New-York enquêter sur la mort d’un clampin décédé récemment à Louxor.
- Lord Carnarvon n’avait pas récupéré d’un grave accident qu’il a eu il y a des années, intervint Ramsès. Ce fut la raison de son premier voyage en Egypte. Il n’était pas en très bonne santé.
- L’émotion de sa découverte n’a pas dû arranger la santé de ce vieux fou, dit Emerson amer.
- Pour le professeur La Fleur, dit soudain David, sa mort à 58 ans n’est peut-être pas exceptionnelle mais d’après Ali, son domestique, il jouissait d’une très bonne santé. De plus, j’aimerais savoir où il a obtenu le scarabée que j’ai récupéré.
- C’est peut-être Ali qui l’a fabriqué, proposai-je. Après tout, s’il a travaillé autrefois chez Abd el-Hamed, il en a la capacité.
- Mais Ali ne l’avait jamais vu, tante Amelia, dit David. Du moins, c’est ce qu’il m’a affirmé et je ne vois pas pourquoi il m’aurait menti. Il savait que j’avais remarqué qu’il était faux.
- De plus, Ali croyait son maître frappé par la malédiction.
- Pour imiter un tel objet, affirma Emerson, il est mieux d’avoir eu l’original sous les yeux – mais ce n’est pas indispensable. Un faussaire inventif pourrait parfaitement le créer.
- Peut-être les seules morts réellement suspectes sont-elles celles liées à lord Carnarvon et Carter, dis-je soudain. Les autres seraient naturelles et…
- Ne commencez pas à inventer des théories farfelues !
- Et que proposez-vous donc ? m’exclamai-je en colère.
- Commençons par déjeuner, affirma Emerson en se levant. J’entends déjà les enfants redescendre et Sennia elle-aussi doit être affamée.
- Je crois que David et moi irons à la taverne ce soir, dit Ramsès en s’avançant vers la jeune fille pour la soulever. Autant commencer par ce qui est à proximité.
- Je viendrai avec vous, grogna Emerson.

.../...

23.12.2008

Trève des confiseurs...

noel2.jpget des AUTEURS !!! Du moins pendant la période des fêtes.

Donc rendez-vous en janvier pour la suite des aventures d'Amelia...

Et Joyeux Noel et bonne année à toutes et à tous.