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  <title>Les carnets d'Amélia Peabody</title>
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  <subtitle>une aventure inédite</subtitle>
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        <name>Amelia</name>
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      <published>2008-06-09T12:40:40+02:00</published>
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                              <summary>  Voilà - mon second pastiche est désormais terminé.   Si vous souhaitez...</summary>
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           &lt;p&gt;Voilà - mon second pastiche est désormais terminé.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si vous souhaitez recevoir l'un ou l'autre de mes écrits en format Word, merci de laisser un petit mot en commentaire, je vous le(s) ferai parvenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Solanne&lt;/p&gt; 
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        <name>Amelia</name>
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      <title>chapitre 11 - FIN</title>
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      <published>2008-06-02T00:32:36+02:00</published>
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                              <summary>   Peu avant d’arriver, alors que nous étions déjà prêts à débarquer, Emerson...</summary>
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           &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;Peu avant d’arriver, alors que nous étions déjà prêts à débarquer, Emerson s’avisa qu’Anubis avait disparu. Il nous fut impossible de déterminer si le chat avait ou non passé la nuit dans notre compartiment. Emerson se lança aussitôt à sa recherche tout au long des wagons où ses beuglements – « &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;Anubis&lt;/span&gt; ! » – aboyés d’une voix tonnante créèrent une certaine panique parmi les passagers encore mal réveillés. Seul le contrôleur, un vieil homme placide qui connaissait Emerson de longue date, dodelinait d’un air ravi sa tête chenue en poussant des gloussements amusés. Dès que le train s’arrêta à Louxor, de nombreuses mains nous aidèrent à sortir du wagon et nous fûmes bientôt le centre des cris d’une foule amicale, qui incluait non seulement nos amis mais quasiment tous les Egyptiens qui se trouvaient présents – Ali, Youssouf, Ibrahim et Mahmoud nous saluèrent les uns après les autres par nos surnoms égyptiens. Emerson détestait les titres formalistes mais il aimait à entendre son sobriquet bien mérité de &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;Maître des Imprécations&lt;/span&gt;. Pour moi, j’étais la &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;Sitt Hakim&lt;/span&gt;, depuis mon premier séjour en Egypte, Nefret était connue comme &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;Nur Misur&lt;/span&gt;, tandis que Ramsès était le &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;Frère des Démons&lt;/span&gt; – un hommage à ses supposés pouvoirs surnaturels.&lt;br /&gt; Une gare égyptienne fêtant le retour du Maître des Imprécations sur le théâtre de ses nombreux exploits constituait un spectacle de pure folie. Gens, bagages, colis – et éventuellement une chèvre égarée – se mêlaient bruyamment tandis que les bras tendus s’agitaient en tous sens. Emerson était si bien entouré par ceux qui lui souhaitaient la bienvenue que seule sa tête (sans chapeau, comme d’habitude) dépassait. Certains essayaient de l’embrasser, d’autres se mettaient à genoux pour recevoir sa bénédiction et/ou demander un &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;bakchich&lt;/span&gt;. Abdullah se trouvait là aussi, avec ses enfants, petits-enfants, neveux, nièces et cousins qui formaient un clan soudé autour de lui. Emerson finit par réussir à lui parler :&lt;br /&gt; - Le chat ! hurla-t-il en s’agitant comme un dément. Anubis a disparu. J’ai interdit que le train reparte tant qu’on ne l’aura pas retrouvé.&lt;br /&gt; Une heure après, les wagons avaient été fouillés de fond en comble (en vain) et mon époux écumant de rage finit par accepter de les voir repartir, au grand soulagement des autorités ferroviaires – et des autres passagers. Le visage empourpré, Emerson invoqua son Créateur d’une manière que je désapprouvai totalement. Par contre, je ne peux pas dire qu’Abdullah ait l’air le moins du monde désespéré par la disparition de son vieil ennemi. Nous fûmes escortés en procession triomphale jusqu’aux fiacres qui nous attendaient. Assis dans une pose hiératique, Anubis trônait sur le siège du premier d’entre eux. Il nous jeta un regard de suprême dédain. J’entendis nettement Abdullah maugréer une malédiction. Tout à coup, Emerson poussa un juron véhément :&lt;br /&gt; - Où est-il parti ? hurla-t-il en tournant sur lui même, avec de larges moulinets des bras.&lt;br /&gt; - Que se passe-t-il ? demandai-je, en me précipitant à ses côtés.&lt;br /&gt; - Il était là, il y a moins d’une seconde. Un mendiant en haillons, puant comme un bouc, accroupi à mes pieds… Où est-il ?&lt;br /&gt; - Mais que voulait-il ? demandai-je, tandis que la foule nous cernait à nouveau. Qui était-ce ? Vous a-t-il parlé ?&lt;br /&gt; - Oh, oui – il m’a parlé, ronronna Emerson entre ses dents serrées. Il a juste dit : « &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;Bienvenue à Louxor&lt;/span&gt; ! »&lt;br /&gt; - Qui était-ce Emerson ? insistai-je, étonnée de son attitude.&lt;br /&gt; Emerson me jeta un regard étrange, et ne répondit pas. Il avait envoyé Abdullah et Daoud à Louxor en avance pour ouvrir notre chantier de fouilles, engager une équipe et déterminer ce qu’il y avait à faire. Lorsque nous fûmes installés dans les fiacres, Emerson ne voulut plus parler que d’égyptologie. Ramsès et David l’écoutaient attentivement. Nefret regardait autour d’elle d’un air ravi.&lt;br /&gt; Pour ma part, la froide colère d’Emerson, et son regard suspicieux, avait ramené à mon souvenir l’homme aux multiples visages qui avait jadis donné sa vie pour sauver la mienne. Miss Jane rêvait à sa mère qui avait accompli pour elle le même acte héroïque, je me remémorai aussi un songe que j’avais fait quelques années auparavant, à Abydos. &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;Osiris et Seth, les deux frères, se disputaient entre eux et chacun essayait de s’imposer de force. Osiris avait une voix tonnante tandis que Seth louvoyait, ambitieux et manipulateur. Puis il quitta soudain son frère pour aller affronter la solitude aride du désert. Il emportait avec lui une carte manuscrite et un sceptre méroïtique…&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; Pourquoi ce rêve me revenait-il ? Sans doute à cause du vol récent des emblèmes royaux de la Montagne Sainte. Y avait-il une signification à trouver dans les rêves ? Qu’était devenu Sethos ? Etait-il vraiment mort ? Le retrouverions-nous un jour sur notre route ?&lt;br /&gt; - Que c’est bon d’être de retour ! s’exclama Nefret gaiement.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; * * *&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-weight: bold&quot;&gt;Epilogue&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; J’eus l’occasion de revenir seule au Caire courant février. La première personne que je rencontrai en pénétrant dans le somptueux hall du &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;Shepheard’s&lt;/span&gt; fut Marjorie Fisher, les yeux rouges et gonflés, tout de noir vêtue. Elle m’annonça le décès de sa cousine, Daisy Johnson. Je n’avais pas ressenti d’amitié particulière pour cette vieille demoiselle aigrie, imbue de sa nationalité britannique, mais la nouvelle m’attrista. Daisy avait succombé durant son sommeil, à l’hôtel même, après un dîner copieux et généreusement arrosé. J’avais toujours suspecté que la pauvre femme portait un tendre – et inavoué – sentiment à mon cher ami, Cyrus Vandergelt, lequel ne s’en était jamais rendu compte.&lt;br /&gt; - Pourquoi étiez-vous au Caire ? demandai-je à Marjorie après avoir formulé les condoléances d’usage.&lt;br /&gt; - J’y suis venue signer les actes de vente pour la maison de mon oncle, répondit-elle ne se tamponnant les yeux. Je l’ai cédée à un militaire qui la connaît depuis des années.&lt;br /&gt; La nouvelle – prévisible – me poursuivit quand Marjorie me quitta. J’évoquai toujours les semaines mouvementées que nous avions passé à &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;Dar el Sajara&lt;/span&gt; au début de la saison lorsque je fus rejointe par Mrs Pettigrew, vibrant d’indécente impatience à l’idée de répandre les dernières nouvelles sur une proie dûment acculée.&lt;br /&gt; - Ce &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;gentleman&lt;/span&gt; dont nous avions parlé, dit-elle à peine assise, – vous vous souvenez ? Mr Travel-Taners – et bien il a été aperçu à plusieurs reprises avec la dame de compagnie de sa fille – ils étaient seuls chez Santi. Qu’en pensez-vous, Amelia ?&lt;br /&gt; - Miss Camilla est sa cousine – et sa fiancée, répondis-je d’une voix calme. Ils se marieront dès leur retour en Angleterre.&lt;br /&gt; Manifestement, la nouvelle la contraria, mais elle n’osa me demander comment d’où je tenais l’information. Ce fut heureux car je me voyais mal expliquer le préscience de Miss Jane à cette abominable commère. Par une évidente association d’idée, je m’informai d’un ton patelin :&lt;br /&gt; - Et que devient la fille de Mr Travel-Taners, Miss Jane ?&lt;br /&gt; - Oh ! répondit l’autre en pinçant les lèvres. Elle s’est comportée d’une façon scandaleuse au dernier bal de la Saint Sylvestre avec un jeune assistant – célibataire – du musée. Ils ont dansé ensemble une valse positivement inconvenante, ma chère.&lt;br /&gt; - Je valse aussi avec Emerson, murmurai-je, remuée au souvenir que mon attentionné époux n’avait appris ces pas l’an passé que pour pouvoir les danser avec moi.&lt;br /&gt; S’agissait-il de Miss Jane Travel-Taners et d’Oliver Newton-Jones ? Je me figurais très bien le merveilleux couple qu’ils avaient dû former – dans une sorte de rêve éveillé, je les vis tournoyer sans fin au son d’une musique violente – puis je me secouai mentalement.&lt;br /&gt; - Je vous demande pardon ?&lt;br /&gt; - Vous ne m’écoutez pas, Amelia ! se renfrogna Mrs Pettigrew. Je disais que Miss Jane a annoncé son mariage avec un ingénieur Belge qui est arrivé en novembre. (Elle eut un petit reniflement de dédain.) Il a au moins vingt ans de plus qu’elle ! J’ai entendu dire qu’il travaillait à la construction d’Héliopolis.&lt;br /&gt; Lorsque je quittai peu après Mrs Pettigrew, j’étais en possession de quelques renseignements supplémentaires. Archibald Flint-Flechey était retourné en Angleterre après l’annonce du mariage de sa dulcinée – Miss Jane. Les assistants du musée, Mr Wellington, Brugsch, Thatcher et Newton-Jones, continuaient à œuvrer pour que l’inauguration du nouveau musée soit prête dans les délais, ce qui paraissait de plus en plus improbable – ainsi que je l’avais prévu.&lt;br /&gt; Le soir même, dans ma chambre habituelle où la présence d’Emerson me manquait, je songeai longuement à la nouvelle cité d’Heliopolis. Tout le monde ne parlait que de cela ! Cinq mille hectares de terrains désertiques au nord-est du Caire avaient été viabilisés et reliés par une ligne de tramway (de huit kilomètres) au centre de la ville. Cette ambitieuse réalisation architecturale – &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;Masr el Gedida&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;l’Egypte nouvelle&lt;/span&gt; – était financée par un riche industriel belge fasciné par les possibilités qu’offrait le pays de s’enrichir. Le baron Edouard Empain avait déjà reçu la concession des premiers services de tramways du Caire en 1894. Il avait ensuite imaginé une ville-jardin aux larges avenues, mélange expérimental d’Orient et d’Occident, avec de somptueuses villas coloniales et un hôtel prestigieux – dont le nom attendu était &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;Heliopolis Palace&lt;/span&gt;. A Louxor, c’est Cyrus Vandergelt qui nous avait le premier parlé de ce projet de construction. Emerson étant ce qu’il était, il avait aussitôt évoqué l’antique cité d’Heliopolis où l’obélisque de Sésostris Ier marqua dès la Ière dynastie l’emplacement d’un temple dédié au dieu-soleil, Amon-Rê. Selon une tradition locale, cette cité désignait aussi l’emplacement de la création du monde du fait de ses origines très anciennes. Emerson n’avait pas du tout apprécié que je précise qu’Heliopolis était mentionné dans la Bible.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le lendemain je décidai de revoir le Vieux Caire, au bord du Nil, à deux kilomètres environ de la capitale actuelle. Sa fondation remontait aux temps de la conquête arabe – vers 641. Le maître de l’Egypte d’alors, Amrou, avait perdu sa capitale Memphis et voulait en établir une nouvelle. Une légende gracieuse raconte que, pendant qu’il assiégeait une forteresse romaine située en ce lieu même, une colombe fit son nid sur la tente du terrible conquérant et que celui-ci défendit qu’on levât le camp pour ne point déranger l’innocente couvée. De là le premier nom de la ville nouvelle : &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;Fostat, la Tente&lt;/span&gt;. Le Caire actuel fut fondé, trois siècles plus tard, par le premier calife fatimide, al Mouizz qui la nomma : &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;al Qahira – la victorieuse&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt; Telles étaient mes songeries en m’y rendant, pendant que le fiacre suivait une belle avenue plantée d’arbres, bordée de jardins et de champs de cannes à sucre – clos par des haies de gigantesques cactus hauts jusqu’à six mètres. La route était soigneusement entretenue. Tout du long étaient ménagés de petits canaux où passait un courant continuel, alimenté par des roues à chapelet qui puisaient l’eau dans le Nil. Pour arroser la route, des hommes vidaient régulièrement sur le sol sableux des outres de peau de bouc qu’ils portaient sur leur dos. La différence entre le Vieux Caire et l’évocation de ce que serait la future et luxueuse Heliopolis avait de quoi frapper les esprits.&lt;br /&gt; Je me remémorai une phrase que Nefret m’avait dite au dernier Noël et qui m’avait frappée par sa justesse d’analyse : « &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;Le Caire est trop divisé entre l’antique cité fatimide figée dans le passé et la ville à l’architecture européenne où résident les étrangers – comme un vase fêlé qui ne pourra jamais se ressouder.&lt;/span&gt; » Elle avait raison ! Un mot de la jeune Miss Jane me revint aussi à l’esprit : « &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;L’opposition entre Occident et Orient explique bien des frustrations. La tension nait parfois d’une inextinguible anxiété&lt;/span&gt;. »&lt;br /&gt; Je n’étais pas voyante mais l’avenir de l’empire britannique en Egypte me parut soudain fort sombre. Je frissonnai tout entière tandis qu’un sombre pressentiment m’envahissait. Le destin était en route.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; * * *&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/font&gt; &lt;font size=&quot;4&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;Au commencement, il y eut le mythe – dont des fragments furent intégrés dans les Textes des Pyramides, des Sarcophages et le Livre des Morts. Au travers de ces récits, les anciens Egyptiens souhaitaient fournir la meilleure explication possible de la réalité observée de ce monde où ils vivaient constitué du ciel et de la terre, peuplé de dieux, d’êtres humains, d’animaux, de végétaux. Bien entendu, certains aspects du mythème cosmogonique évoluèrent avec le temps.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Jean-François Champollion fut le premier à cerner les vestiges qu'il rencontra lors de son Voyage en Egypte. En cela, cet Esprit des Lumières commua définitivement l’égyptomanie en égyptologie.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/font&gt; &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;En ouvrant ses deux yeux,&lt;br /&gt; Râ fit jaillir la lumière sur l’Egypte&lt;br /&gt; Et sépara la nuit du jour.&lt;br /&gt; Les dieux sortirent de sa bouche et l’humanité de ses yeux.&lt;br /&gt; Il fut à l’origine de tout ce qui existe.&lt;br /&gt; (Incantation de l’Egypte ptolémaïque)&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre&lt;br /&gt; Et sépara la lumière d'avec les ténèbres.&lt;br /&gt; Puis Dieu dit : Faisons l'homme à notre image&lt;br /&gt; Et qu’il domine sur les poissons de la mer,&lt;br /&gt; Sur les oiseaux du ciel, sur le bétail,&lt;br /&gt; Et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre.&lt;br /&gt; (Récit de la Création)&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 24px; line-height: normal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: bold&quot;&gt;F I N&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; 
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        <name>Amelia</name>
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      <title>chapitre 11 - b</title>
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      <published>2008-06-01T00:16:21+02:00</published>
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                              <summary>    * * *     Après que Cyrus se fut s’éloigné, nous nous trouvâmes seules,...</summary>
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           &lt;span class=&quot;postbody&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 18px; line-height: normal&quot;&gt;* * *&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;Après que Cyrus se fut s’éloigné, nous nous trouvâmes seules, elle et moi. La jeune fille portait une longue jupe à volants, un corsage blanc « gorge de pigeon » et des demi-manches pagodes aux poignets de broderie anglaise. L’ensemble, en foulard bleu vif à pois ivoire, lui allait remarquablement. Sous son chapeau de paille orné de plumes et de rubans bleus, le visage frais semblait avoir acquis une nouvelle maturité. Je fus quelque peu interloquée par le regard direct qu’elle me lança tandis que je m’asseyais.&lt;br /&gt; - Je voulais vous faire mes adieux, Miss Jane, dis-je. Votre tenue est ravissante et vous sied admirablement.&lt;br /&gt; - J’ai pensé à prendre exemple sur Miss Nefret, Cousine Camilla ne se préoccupant guère des vêtements que nous portons. Mais l’être n’est-il pas plus important que le paraître, Mrs Emerson ? demanda-t-elle d’une voix douce.&lt;br /&gt; - Je vous demande pardon ?&lt;br /&gt; - C’est sans importance, dit-elle distraitement. Vous êtes si matérialiste, n’est-ce pas ? Pourquoi êtes-vous venue ?&lt;br /&gt; Je ne tentai pas de réitérer la pitoyable excuse qu’elle n’avait même pas écoutée. Elle me fixait. Devant ces yeux immenses, lumineux, presque magnétiques, je me sentais comme hypnotisée.&lt;br /&gt; - Votre quête va bientôt prendre fin, dit gentiment la jeune fille, et vous retournerez là où est votre place. J’ai vu cet endroit en rêve. Je vous y ai vue. Du sommet de la falaise, vous regardiez la lumière de l’aube se répandre sur la vallée noyée d’ombre. Il y avait un chat, un enfant, et un ange auprès de vous.&lt;br /&gt; - Mon Dieu, dis-je en frissonnant. Je ne crois pas aux rêves !&lt;br /&gt; - Oh, vous y viendrez, dit-elle avec un rire très doux. Ma mère a disparu quand j’étais enfant, Mrs Emerson. Savez-vous qu’elle est morte en me sauvant la vie ? Je voulais cueillir un nénuphar, et elle se jeta dans un étang pour m’en sortir. Elle s’est noyée. Je la vois souvent en rêve – au bord de cet étang sombre où les arbres arrêtent la lumière. C’est le soir. Un vent léger passe sur les roseaux et ride l’eau couleur d’étain. Seul le coassement des grenouilles trouble le silence de ces lieux voués à la tristesse des tombeaux. Je dors peu – et mal – après de tels rêves…&lt;br /&gt; - Je suis désolée, dis-je avec sincérité.&lt;br /&gt; - Ils vont prendre leur envol, vous savez, continua-t-elle de sa voix chantante, ces deux garçons – si semblables et si différents. Ils ne le savent pas encore mais leur avenir est entre leurs mains. Demain est moins à découvrir qu’à inventer.&lt;br /&gt; - Ramsès et David ? m’étonnai-je. Certainement pas, ma chère, ce ne sont encore que des enfants. (Je ne compris pas son sourire.) Je ne crois pas non plus aux prédictions, Miss Jane !&lt;br /&gt; - Parfois les choses n’ont pas de signification, Mrs Emerson, mais elles ont une existence.&lt;br /&gt; - Allez-vous épouser Mr Flint-Flechey ?&lt;br /&gt; Elle ne tiqua même pas devant la brutale incorrection de ma question.&lt;br /&gt; - Je n’y ai pas encore réfléchi, répondit-elle gentiment. Ne le trouvez-vous pas trop âgé ? Il a l’âge d’être mon père.&lt;br /&gt; - Je parlais d’Archibald Flint-Flechey, dis-je avec un regard suspicieux – se moquait-elle de moi ?&lt;br /&gt; - Il y aura mariage, dit-elle sans me regarder. Cousine Camilla tient notre foyer depuis près de quinze ans. Mon père ne peut rester seul. Il va l’épouser – officiellement.&lt;br /&gt; Cette nouvelle inattendue me désarçonna. Je me souvins que Marjorie Fisher avait croisé une nuit Mr Travel-Taners, dans les couloirs du Shepheard’s – mais un tel sujet de conversation était inconvenant devant une jeune personne. Un autre souvenir me traversa l’esprit.&lt;br /&gt; - La première fois que je vous ai rencontrée, Miss Jane, dis-je sans plus chercher à déchiffrer la curieuse attitude de la jeune fille, vous avez dit : « J’ai vu un dieu crocodile au musée ». Etes-vous jamais allée visiter le Boulaq ?&lt;br /&gt; - Non, répondit-elle, mais est-il nécessaire de voir pour savoir ? J’ai lu les journaux. Ces meurtres furent horriblement – et inutilement – barbares, n’est-ce pas ? Je crois que la culture arabe est très différente de la nôtre, elle se construit à partir de la découverte de l’Autre – le contraire – l’Européen. Si l’échange est à sens unique, il y a opposition entre Occident et Orient, ce qui explique bien des frustrations. Voyez-vous, la tension nait parfois d’une inextinguible anxiété.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; * * *&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; J’étais à &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;Dar el Sajara&lt;/span&gt;, et je secouai la tête pour reprendre mes esprits. Miss Jane était partie sur le Nil, découvrir les mystères de l’Egypte. Qu’en comprendrait-elle avec une telle personnalité ?&lt;br /&gt; Lorsque nous fîmes nos adieux aux Gamouz – père, fils et oncles – je pensai qu’ils accueilleraient bientôt (avec le même sourire) les prochains occupants de la maison. Je vis aussi pour la première fois leur oncle Naguib – effectivement très vieux – venu reprendre sa maisonnette au fond du jardin, et son rôle de gardien.&lt;br /&gt; Avant d’aller à la gare, j’emmenai ma troupe au &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;Shepheard’s&lt;/span&gt; où nous nous installâmes dans les confortables fauteuils du salon.&lt;br /&gt; - Nous prendrons le thé ici plutôt que sur la terrasse, dis-je. Le train ne partira pas avant plusieurs heures, aussi nous avons le temps de faire une petite pause roborative.&lt;br /&gt; - Je n’ai pas faim du tout, Peabody, grommela Emerson.&lt;br /&gt; Le serveur nous apporta du thé, des sandwichs et un assortiment de gâteaux à mettre l’eau à la bouche. Emerson ne se fit pas prier pour y goûter – les enfants non plus.&lt;br /&gt; - Avons-nous le temps d’aller au souk ? demanda Nefret.&lt;br /&gt; - Je ne veux pas rater le train, dis-je en regardant ma montre.&lt;br /&gt; - Il sera probablement en retard, dit Ramsès. Si tu veux faire des achats, Nefret, pourquoi ne pas marcher le long du Mouski ?&lt;br /&gt; Ils disparurent pendant que je leur rappelai encore de ne pas s’attarder. Emerson se remit à parler de ce qui nous attendait à Louxor – et dans la tombe de Tetisheri. Quant à moi, j’étais davantage préoccupée de notre nouvelle maison. Nous fûmes soudain hélés par une voix cordiale, à l’accent français marqué. George Legrain, un archéologue de Thèbes, se dirigeait vers nous, la main tendue.&lt;br /&gt; - Que faites-vous ici ? demanda grossièrement Emerson. Je vous croyait chargé des travaux de restauration du temple de Karnak.&lt;br /&gt; - C’est exact, répondit l’autre en caressant son impressionnante moustache. Quel travail ! J’ai dû utiliser des plans de terre disposés par étage pour aller chercher des pierres à vingt mètres de hauteur, et fait avancer des blocs sur des rondins halés à la corde par de vigoureux fellahs. Avec leur &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;galabieh&lt;/span&gt; bleue sur dos et leur &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;takieh&lt;/span&gt; brune sur la tête, nos ouvriers ont presque le même costume que ceux de Ramsès II. Si le grand pharaon revenait inspecter les travaux qui s’exécutent en ce moment, il pourrait au premier abord s’imaginer que rien n’a changé à Karnak.&lt;br /&gt; - C’est exact, admit Emerson, les procédés dont vous avez usé pour déménager les colonnes renversées par la catastrophe de 1899 sont à peu près les mêmes que ceux qu’il employât pour les bâtir. Mais vous dirigiez la besogne en jaquette grise et casque de liège, mon vieux, aussi je ne crois pas que cela lui rappellerait son grand prêtre d’Amon-ré, Bakenkhonsou, qui présidait aux constructions de Thèbes sous son règne.&lt;br /&gt; - Oh, s’esclaffa M. Legrain avec une bonne humeur joviale, il ne comprendrait pas davantage nos palans différentiels, ni la facilité avec laquelle les grosses architraves se meuvent sur nos trucks Decauville. Le simple mécanisme de nos vérins hydrauliques lui semblerait tenir de la magie noire.&lt;br /&gt; - Etes-vous pour longtemps au Caire, M. Legrain ? demandai-je.&lt;br /&gt; - Je voulais voir Gaston (M. Maspero) au sujet de ses fouilles autour de la pyramide d’Ounas, répondit-il.&lt;br /&gt; - Son nom antique était : « l&lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;a pyramide qui est la beauté des lieux&lt;/span&gt; », ajouta Emerson. C’est un complexe funéraire qui suit l’architecture d’Abousir – le plan classique auquel obéirent tous les édifices des pharaons de la dynastie suivante.&lt;br /&gt; M. Legrain nous quitta au moment même où les enfants revinrent.&lt;br /&gt; - Nous ferions mieux de nous rendre à la gare, dis-je en me levant. Le train pourrait être à l’heure pour une fois.&lt;br /&gt; Nos bagages avaient été envoyés à l’avance, aussi nous pûmes sans délai nous entasser dans un fiacre. Le crépuscule tomba tandis que nous avancions lentement à travers les rues encombrées. A la gare centrale, la foule était encore plus grouillante et bruyante. Nous trouvâmes cependant le quai où l’express pour Louxor attendait. Quelques personnes avaient déjà embarqué, d’autres restaient sur le quai à bavarder avec des amis. Je sortis nos billets.&lt;br /&gt; - Voici notre compartiment, indiquai-je aux porteurs qui amenaient nos bagages.&lt;br /&gt; Ils furent montés dans le train, et je les suivis, puis restai un moment accoudée à la fenêtre ouverte. Un quart d’heure passa. La plupart des voyageurs avaient embarqué. Je vis alors Ramsès et David revenir, des journaux à la main. En me voyant à la fenêtre, ils hâtèrent le pas, et atteignirent le bout du wagon. Peu après, un soubresaut et un sifflement du moteur marquèrent notre départ. Ramsès et David arrivaient dans le couloir, se faufilant au milieu des passagers.&lt;br /&gt; Nous nous entassâmes dans le même compartiment. Les deux longues banquettes (qui se transformeraient en couchettes pour la nuit) offraient de la place pour nous six – dont le chat. Les garçons ouvrirent leurs journaux, Nefret sortit un livre, Emerson ferma les yeux. Anubis regardait par la fenêtre. Je fis comme lui. La plaine avait l’aspect d’un vaste jardin. Le ciel était mauve ourlé d’or, sans un nuage. Une lueur rougeoyante caressait le panache des sycomores et la chevelure frémissante des palmiers le long de la voie. Les villages en contrebas rassemblaient leurs masures carrées, bâties en briques de boue, tandis que les pigeons ramassés en boule dormaient dans leurs colombiers, minuscules dômes plantés sur le toit plat des maisons. Sur les étroites bandes de terre durcie qui longeaient les champs cultivés circulaient quelques &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;fellahs&lt;/span&gt; qui rentraient chez eux, en un continuel défilé de scènes chatoyantes : des laboureurs vêtus de longues &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;galabiehs&lt;/span&gt; flottantes, des bœufs attelés deux par deux à de vieilles charrues – si curieusement identiques à celles que l’on voyait gravées sur les parois des tombeaux datant de plusieurs millénaires. Plus loin, je vis un vieux paysan sur son âne chargé de sacs en équilibre, &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;galabieh&lt;/span&gt; jaune et turban blanc, barbe grise et pieds nus, puis quatre dromadaires suivant un chamelier, leur grand corps secoué par le roulis de leur pas solennel. A la première gare, ce fut l’habituelle cohue bariolée et bourdonnante, robes et turbans de toutes les couleurs, &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;fez&lt;/span&gt; rouges, femme voilées escortées de leur marmaille, dames en robe de soie, affairées et précieuses, gentlemen en redingote. Se mêlaient le profil aquilin des Egyptiens, le visage lippu des Nubiens, les teints de cuivre, d’ébène ou de bronze – longues barbes noires, blanches ou grises, figures de patriarches, de prophètes. Toute la merveilleuse diversité de l’Egypte éternelle !&lt;br /&gt; Quand la nuit tomba, j’étais plus que désireuse d’un bon et réconfortant whisky soda. Sortant la bouteille, le siphon et les verres de mon panier, j’invitai Emerson à se joindre à moi.&lt;br /&gt; Plus tard, nous nous eûmes un agréable dîner au wagon-restaurant où le mouvement du train ne gâchait pas l’ambiance agréable – lumières douces, lin blanc sur la table, service empressé.&lt;br /&gt; - Nous pouvons enfin oublier Sobek et les crocodiles, dit Nefret en levant son verre en guise de salut.&lt;br /&gt; - Il y a d’autres animaux sacrés sur le Nil, s’empressa de répondre Emerson. Par exemple, les oiseaux aquatiques ont une place dans la mythologie égyptienne : l’ibis comme l’incarnation de Thot, le dieu lunaire, patron des scribes, calculateur du temps et maître du calendrier. Les oies quant à elles représentaient tantôt Amon, roi des dieux et dieu de l’Air et du Vent, tantôt Geb, dieu de la Terre, de la Végétation et de la Fertilité. Il y avait aussi les hérons qui symbolisaient le lever du jour, et certains poissons qui personnifiaient l’âme des divinités. Ainsi le tilapia – un poisson qui a coutume d’avaler ses petits en cas de danger et de les régurgiter une fois la menace passée – est-il associé à Hathor, déesse de l’amour et de la joie, emblème de la résurrection.&lt;br /&gt; - Et les grenouilles ? demandai-je machinalement, repensant à l’évocation de leur concert triste près d’un étang à l’eau glauque.&lt;br /&gt; - La grenouille est la créature de Noun, l’Océan primordial, incarnée par la déesse Hequet, répondit Emerson sans s’étonner de ma question. Les &lt;span style=&quot;font-style: italic&quot;&gt;gror&lt;/span&gt; – grenouilles en égyptien – qui peuplaient les zones humides des rives du Delta et du Nil portaient le même influx vital que le fleuve sacré. Détenant ainsi les forces nécessaires à la vie, la grenouille a été associée à la naissance depuis les temps les plus anciens.&lt;br /&gt; Lorsque nous retournâmes dans nos compartiments, les lits étaient préparés. Je tombai dans un sommeil sans rêves – et ne me réveillai pas avant que le train n’atteigne Louxor.&lt;/span&gt; &lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;br /&gt; .../...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; A lundi pour le mot FIN...&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; 
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