30.05.2008
chapitre 10 - fin
Dans un temps reculé, le crocodile momifié fut déposé et/ou oublié dans la salle souterraine – probablement au cours d’un transfert de marchandises en provenance de Kôm Ombo. L’oncle d’Hamad avait créé une sorte de secte pacifique destinée à adorer le dieu du Nil. Il crut donc à un signe divin lorsqu'une statue de Sobek fut déposée juste devant l’accès dérobé. Bien entendu, Hamad avait été enrôlé dans le groupe, et c’est lui qui avait fait admettre son ami Karim – le prédestiné, choisi dès son enfance par Sobek qui avait emporté sa main sans pour autant le tuer. Ces hommes se réunissaient sans penser à mal, évoquant l’ancien panthéon égyptien tout en fumant du haschich pour échapper à la triste réalité de leurs vies. Le vieil oncle Mohammed devait être fin psychologue parce qu’il refusa plusieurs fois d’agréer Nabil – qui ne réussit à entrer dans le groupe qu’après sa mort, il y a deux ans. Le garçon réalisa vite que l’idée loufoque de ses prédécesseurs pouvait être exploitée avec une toute autre rentabilité. Si Hamad n’avait pas compris que certaines antiquités disparaissaient sous son nez, Nabil le devina aussitôt. Il conclut alors un marché avec Mr Hawkins – tant il est vrai que les personnes malhonnêtes se reconnaissent entre elles. Par la suite, je présume que l’autre dut le flouer au moment du partage. Furieux contre son complice, et pensant également pouvoir le faire accuser par la suite, Nabil déroba les sceptres méroïtiques et les déposa dans la salle secrète. Son père fut épouvanté quand il les découvrit. Il était impossible de les rendre discrètement puisque Hamad avait assisté à la chute malencontreuse de la caisse qui fit découvrir le vol. Le vieux gardien honnête se trouva écartelé entre ses différents devoirs. Biren entendu, Nabil tenta de persuader son père qu’il était innocent, que le vrai voleur était l’un des Anglais – Hawkins ou Peters – et qu’il n’avait pris les emblèmes royaux que pour les rendre plus tard.
- Et Hamad l’a cru ? s’étonna David.
- Non, dis-je après réflexion, probablement pas – bien qu’il le souhaitât ! Il promit cependant de rendre lui-même les emblèmes et Nabil comprit que son père le surveillerait de près. C’est pour cette raison que le pauvre Hamad se trouvait toujours au musée quand son fils y travaillait. De plus, le jeune homme commençait à être pressé par le temps, sachant que la salle souterraine ne servirait plus une fois le musée vidé. Je présume donc qu’il « emprunta » quelques objets pour les faire copier, envisageant sans doute une nouvelle source de revenus. Ceci expliquerait le morceau de ceinture qu’Abdullah a découvert sous l’éboulis. Bien entendu, il n’en parla jamais à son père, aussi il sera difficile de prouver quoi que ce soit à ce sujet.
Nabil était un homme violent, amer et dissimulé. Il ressentait une profonde rancœur contre les Britanniques en général – et Mr Peters (son supérieur) en particulier. Cette haine s’exacerba pendant l’enquête que celui-ci menait au sujet des sceptres, à cause du caractère arrogant et cassant de Mr Peters. Nabil lui en voulait même davantage qu’à Hawkins qui l’avait pourtant floué. Le soir fatal, il enveloppa la statue de Sobek d’une cape rouge dans le but d’attirer Mr Peters à l’endroit précis où il avait l’intention de le tuer. Je ne sais ce qui passa par la tête de ce jeune dévoyé avec ce grotesque simulacre de sacrifice rituel. Peut-être voulut-il marquer la dérision que lui inspirait le culte des anciens envers Sobek ? Peut-être pensa-t-il aussi que cela détournerait les recherches ? Quoi qu’il en soit, il assomma le malheureux, lui lia les mains dans le dos et lui trancha la gorge avec un long poignard de sacrifice dérobé au musée – celui-là même qui vous entailla la paume plus tard, Emerson.
- Hamad était-il au courant de ce meurtre ? demanda Emerson qui avait suivi ma démonstration avec attention. Il ne l’a pas évoqué. Vous avez largement brodé sur sa dernière confession, Peabody. Pourquoi Peters était-il au musée cette nuit-là ?
- Parce qu’il poursuivait son enquête, répondis-je, et que celle-ci – suite aux dénonciations de Nabil – désignait Mr Hawkins. Ainsi Nabil informa sa future victime que le coupable présumé serait au musée cette nuit-là, puis il attira Hawkins dans le même piège. N’est-ce pas lui qui prétendait que des Egyptiens avaient posé des questions sur Hawkins au sujet d’un trafic ? C’est un mensonge. Ricetti était en prison et n’avait rien à réclamer. Après avoir tué Mr Peters et fignolé son simulacre rituel, Nabil apprit par son père les deux autres meurtres. Il s’occupa donc de les maquiller pour qu’ils s’adaptent à son sinistre schéma. Il traîna le corps d’Hawkins jusqu’à la mosaïque de Sobek et dessina un crocodile à la craie à côté d’el Fayed – tout cela pour accentuer sa manœuvre de diversion. Il tenait absolument à ce que l’on s’interrogeât davantage sur le mythe de Sobek que sur l’escroquerie – dont il restait dorénavant le seul bénéficiaire.
- El Fayed ne s’est pas étonné de devoir ouvrir la porte aux deux assistants cette nuit-là ? demanda David.
- Il ne l’a pas fait, dis-je. C’est Nabil qui leur avait donné rendez-vous à des heures différentes, et c’est lui qui les a accueillis.
- Et le vieux gardien n’aurait rien remarqué ? s’étonna Ramsès.
- Le musée est grand, dis-je, et Nabil connaissait parfaitement les horaires de ses rondes. Je pense qu’el Fayed a surpris Mr Hawkins par hasard, et que celui-ci l’a frappé parce qu’il était de nature violente et irréfléchie. A mon avis, c’était un accident. Nabil n’avait aucune raison d’en vouloir à ce vieil homme inoffensif.
- Cette petite crapule jouait sur du velours, remarqua Emerson. D’abord avec Peters qui, chargé de découvrir le voleur, espérait sans nul doute prendre Hawkins sur le fait. Ensuite avec Hawkins qui savait bien qu’il n’avait pas volé les sceptres et qui devait croire que Peters le doublait – tout en cherchant à faire retomber la culpabilité sur lui. Ils étaient prêts à s’entretuer ! C’était diaboliquement raisonné.
- Vous croyez donc qu’Hawkins était au courant du vol des sceptres, Emerson ? demanda Cyrus un peu perdu.
- Il l’était, affirmai-je. Non par M. Maspero (qui tenait à garder le secret), mais bien entendu par Nabil, qui avait insisté que le fait que Peters était sur ses traces.
- Pourquoi Hamad était-il aussi au musée cette nuit-là ? demanda encore Cyrus. Comment a-t-il su que Nabil avait tué Peters ?
- Comme je vous l’ai déjà dit, Hamad surveillait son fils depuis le vol des sceptres. Je pense qu’il dormait souvent dans la salle souterraine – cette paillasse n’a pas été apportée pour Kevin en réalité – où Karim venait parfois lui parler. Hamad est remonté au moment précis où Mr Peters frappait Mr Hawkins dans le couloir, non loin de l’issue du tunnel, puis il a découvert le cadavre de son ami dans l’entrée pendant que Nabil tuait Mr Peters. Bien sûr qu'il l’a su – mais le garçon inventa alors une histoire compliquée pour se dédouaner. Par la suite, c’est Hamad qui monta la triste mascarade avec la cape rouge et du sang de poulet – vous aviez raison, Emerson ! – pour tenter de brouiller les pistes. Cela ne convenait pas du tout à Nabil, qui dut prendre de gros risques pour enlever ces objets compromettants - sous votre nez, Emerson, c’est lui que vous avez croisé dans l’obscurité. Il entrait et sortait par l’une ou l’autre des deux issues du souterrain. Juste avant le malaise d’Abdullah, il vous avait attiré loin de la salle de Sobek par des coups tapés dans le tunnel – ce fut la seconde nuit rouge de Sobek en quelque sorte.
- Peabody ! éructa Emerson. Vraiment !
- Pauvre Hamad ! s’écria Nefret d’une voix attristée. Sa seule motivation a donc toujours été de disculper son fils.
- Il était honnête, admit Emerson en frottant la fossette qu’il portait au menton. Il a rendu les sceptres pour réparer la faute de son bon-à-rien de fils.
- Pourquoi a-t-il tellement insisté dès le premier jour sur cette dispute entre Hawkins et Peters ?
- Je pense qu’il espérait que nous découvririons sur eux quelque chose qui lui permettrait de croire à l’innocence de Nabil.
- Bien, il ne reste plus qu’une dernière question fondamentale, ma chère amie, demanda Cyrus : qui a bien pu tuer Nabil ?
- Ce n'est pas la dernière question, Cyrus, dis-je en consultant mes notes. Qu’en pensez-vous, Emerson ?
- Je m’en veux de ne pas avoir remarqué un indice qui aurait pourtant dû m’interpeller, grommela Emerson. La poussière, bon Dieu, la poussière !
- Oui, dis-je avec un sourire de connivence pour reconnaître le bien-fondé de cette remarque sibylline. Voyez-vous, Cyrus, la dernière fois où nous avons vu Nabil vivant, lui et son père étaient gris de poussière – et une meurtrissure sombre marquait la tempe droite du jeune homme. Il a prétendu qu’une pile de caisses s’était effondrée sur lui. C’était encore un mensonge. Nous avons vérifié peu après, il n’y avait aucune trace de désordre dans la salle d’entrepôt. N’était-ce pas curieux que Nabil (blessé) et son père (si inquiet pour lui) aient déjà pris le temps de redresser l’éboulement ? Peu après, nous avons trouvé ouverte la porte extérieure du musée et les al Mekkawi disparus. Ce n’était qu’une ruse pour nous faire croire qu’ils avaient quitté les lieux. En réalité, ils s’étaient réfugiés dans la salle souterraine où Nabil a agonisé des heures durant, dans les bras de son père, et ce fut la dernière - du moins je l'espère ! - des nuits rouges de Sobek.
- En tant qu’archéologue, j’aurais dû être le premier à reconnaître un homme qui sortait tout droit d’une excavation ! grommela Emerson. J’avais d’autres soucis en tête, mais cela n’excuse rien. Nous étions dans le même état peu de temps après quand le tunnel a fini de s’ébouler sur nous – comme il avait commencé à le faire précédemment. C’est un caillou que Nabil a reçu sur la tête, et il est mort des suites de sa commotion – ainsi que vous l’indiquiez, Peabody. Le vieil Hamad a évoqué des maux de tête, un début de paralysie et des difficultés à articuler.
- Ce sont bien les symptômes d’une hémorragie cérébrale, dis-je en hochant la tête. Hamad en a eu le cœur brisé. Il adorait son fils malgré tout. Il nous a donc rendu les sceptres et présenté le défunt aux pieds du dieu Sobek à titre de réparation.
- Pourquoi a-t-il pris le risque de laisser ainsi le corps de Nabil ? demanda David bouleversé. Après tout, vous auriez pu aussi bien l’emporter !
- Il avait suffisamment confiance en nous pour savoir que nous le traiterions avec respect, dis-je tristement. Auparavant, Hamad avait libéré Kevin – d’abord pour nous attirer hors de la salle de Sobek, mais surtout parce qu’il ne lui voulait aucun mal. Je suis bien certaine qu’il fut le seul à penser le nourrir régulièrement. Ce n’est que lorsque nous avons laissé Nabil derrière nous qu’Hamad a préféré s’en occuper lui-même. Réunissant ses dernières forces, il a emporté son fils dans la salle souterraine et fait ébouler le reste du couloir sur lui – une tombe parfaite. Les dernières semaines avaient fortement éprouvé la santé de ce vieil homme. N’ayant plus de raison de vivre, il s’est ensuite écroulé et attendait la mort quand nous l’avons retrouvé.
- Le tunnel de la salle de Sobek ne s’est pas effondré sur Père par hasard, n’est-ce pas ? demanda Ramsès après un moment de silence. En réalité, Nabil préparait un accident fatal quand il a été lui-même victime de ses sombres desseins.
- Hamad ne s’est pas exprimé sur ce point précis, dis-je, mais nous pouvons effectivement le présumer. La justice divine, en quelque sorte.
- Ou la malédiction de Sobek envers son profanateur, marmonna David, prostré.
- Qu’en est-il de cette statuette de Sobek-Néférou que Père a retrouvée ? demanda encore Ramsès après un bref coup d’œil vers son ami. Je ne pense pas qu’elle ait pu être volée au musée, la reine-pharaon a laissé trop peu de traces derrière elle pour que la disparition d’une telle pièce ait pu rester secrète.
- C’est un mystère, admit Emerson en se frottant le menton. J’ai une petite théorie sur la question – qui ne pourra bien entendu jamais être prouvée. Cette statuette vient certainement de Kôm Ombo, aussi soit elle fut oubliée dans la salle souterraine, comme le crocodile, soit – ce qui est bien plus probable – elle a été découverte par Nabil près la momie et plus précisément dans la bouche de Sobek.
- Intéressante théorie, commença Ramsès – mais il n’insista pas.
- Vous parliez d’autres questions en suspens, Amelia, dit Cyrus. Je dois avouer que je ne vois pas…
- Et bien, répondis-je en lui souriant, je pensais à cette agression inepte qui a été menée dans le souk contre David. Voyez-vous nous avons rencontré le jeune Amine l’autre matin – et je donnai à Cyrus un compte-rendu détaillé de cette entrevue. Il m’a semblé parfaitement sincère dans sa protestation d’innocence.
- Bien entendu, Mère, intervint Ramsès avec une expression horripilante. Je vous rappelle qu’Amine n’a rencontré son mystérieux Egyptien – qui était bien entendu Nabil – que la première fois où il s’est présenté à Dar el Sajara. L’agression dans le khan el khalili avait eu lieu bien avant !
Je jetai à mon fils un regard dénué d’affabilité. J’avais complètement occulté cette évidence, mais je ne vis pas l’utilité de le préciser.
- Crénom ! s’exclama Emerson en tapant du poing sur la cuisse. Nous ne nous sommes pas penchés sur les autres participants de ce que Peabody appelle « la petite secte pacifique de Sobek ». Un homme est venu l’autre jour chercher le corps d’Hamad, un ami ou un voisin, je ne sais trop. C’était un Egyptien d’âge mûr, accompagné de son fils, d’une quinzaine d’années. Le garçon m’a jeté un regard terrifié. Ne serait-ce pas une piste à creuser ? Il est probable que Nabil n’avait pas qu’Amine sous la main.
- Cela expliquerait que le coup de couteau ait été porté si maladroitement, dis-je en réfléchissant. Emerson, je ne pense pas utile de poursuivre ce malheureux garçon.
- Serait-ce Nabil qui a crié « Ce n’est pas lui ! » dans la foule pendant la bousculade ? demanda Nefret.
- Nous pouvons le présumer, dis-je, dans sa haine contre les Britanniques, il voulait blesser Ramsès plutôt que vous, David. Il avait entendu Mr Carter parler à M. Maspero, et savait donc que nous nous mettrions en chasse pour retrouver les sceptres. Il a voulu nous en empêcher, mais sans se mettre lui-même en avant.
- Il vous connaissait bien mal ! s’exclama Nefret en secouant sa tête blonde. Attaquer l’un d’entre nous, n’est-ce pas la meilleure façon d’ancrer votre détermination ?
- Pabody ! s’exclama Emerson en s’esclaffant. Qu’en est-il de ce « contrat » prétendument lancé contre nous ?
- Je ne trouve vraiment pas que la situation prête à rire, Emerson, dis-je d’un ton froid. Je vous rappelle que Nabil œuvrait sous les ordres d’Hawkins, et qu’il savait donc très bien ce que Ricetti pensait de ceux qui l’avait fait emprisonner. Il a dû entendre parler de ce contrat. Je ne m’étonne pas que son cerveau d’assassin ait concocté un plan tortueux qui incriminait à la fois son ancien patron emprisonné et un enfant innocent – forcé par une quelconque menace de lui obéir.
- Votre syntaxe commence à dérailler, ma chère, marmonna Emerson. Ne prenez pas tant les choses à cœur !
- Vous avez certainement raison, Tante Amelia, dit gentiment David. Cette agression a été si maladroitement menée. J’aurais facilement pu être tué alors que je n’ai reçu qu’une méchante coupure.
- Tant mieux pour toi ! s’exclama impulsivement Nefret, mais c’est vexant de n'être qu’une diversion pour que le professeur – et Tante Amelia – s’intéressât à autre chose qu’aux meurtres.
- Qu’aux vols, corrigeai-je. Nabil souhaitait précisément que l’on s’intéressât aux meurtres afin de cesser toute recherche sur les sceptres. Il n’avait pas prévu que son acte stupide serait si vite découvert ni qu’il nous lancerait dans la partie. Il haïssait les Britanniques – mais la réputation du Maître des Imprécations l’inquiétait.
- Et puis Hamad était de vos admirateurs, Père, ajouta Ramsès.
- Humph, s’exclama Emerson dont la nature modeste n’aimait pas les compliments. Au fait, Peabody, comment situez-vous le message déposé devant la statue de Sobek dans cette histoire ?
- Houa inou nen Sobek ny pehewy mou amef set ! s’exclama Ramsès d’une voix un peu plus animée que de coutume. J’avais oublié ce papyrus.
- Que Sobek nous soit amené des confins des eaux afin qu’il le dévore ! dis-je en consultant mes notes (ce qui provoqua chez mon fils un merveilleux et rare sourire à mon intention). Ni Hamad, ni Nabil n’avait les capacités de copier un tel message. A mon avis…
- Peabody, s’exclama Emerson, vous êtes unique, ma chérie !
- A mon avis, repris-je, rougissant un peu sous ce regard enflammé, c’est le geste inutile et prétentieux d’un homme qui cherchait à se mettre en valeur. Je ne vois pas Mr Thatcher dans ce rôle, aussi ne reste-t-il que Mr Newton-Jones.
- Ce paltoquet se serait donc moqué de nous ? s’exclama Emerson en se redressant, les poings noués. Crénom, Peabody, si cela s’avère, je vais lui rectifier le portrait. Enfin un coupable qui ne soit ni mort – ni innocent !
- Professeur, vraiment ! s’écria Nefret qui hoquetait de rire.
Je regardai la jeune fille avec indulgence, puis le reste de l’assistance, et enfin mon cher Emerson. Sa petite sortie avait merveilleusement détendu l’atmosphère. Je lui souris avec approbation, et il me répondit par un insolent clin d’œil. Bien entendu, Ramsès surprit ce geste. Il haussa ses noirs sourcils mais ne fit aucun commentaire.
- Et Mr Thatcher ? demanda Cyrus en reprenant son sérieux. Ce personnage n’était pas très agréable, à première vue.
- Il le restera, dis-je, mais il n’est coupable que de veulerie et le manque de confiance en lui. J’espère qu’il cessera d’importuner la signora Pellarini. Elle parle d’ailleurs de retourner en Italie.
- Qu’avez-vous découvert sur le signor Pellarini ? demanda Nefret les yeux brillants.
- Il est décédé, dis-je, du moins c’est ce qu’elle m’en a dit – bien que je n’aie pas pu vérifier ses dires dans son journal intime ! Cela sortirait un peu de notre histoire, n’est-ce pas ?
- Ce pauvre dieu crocodile a été honteusement manipulé, dit David, les yeux brillants de larmes retenues. Ce sont les meurtres qui ont ensanglantés le culte sans que Sobek en soit à l’origine.
- Je pense que ce sera une parfaite conclusion pour cette petite séance, déclara Emerson en se levant. Au travail ! Nous avons encore des préparatifs à compléter.
Cyrus connaissait Emerson. Il se leva sans protester et me remercia chaleureusement , me signalant qu’il nous retrouverait à Louxor dans quelques jours.
07:43 Publié dans LA NUIT ROUGE DE SOBEK | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





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